
Par un arrêté ministériel n°239/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026 signé le 20 août 2026 et rendu public le 25 août, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESURSI), Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna, suspend jusqu’à nouvel ordre les activités académiques dans l’Est du pays.
La ministre invoque une « situation sécuritaire particulièrement préoccupante » qui ne permettrait plus d’assurer le fonctionnement régulier des institutions et la sécurité des étudiants et du personnel.
Onze établissements concernés
La mesure concerne l’année académique 2026-2027 et porte sur l’ensemble du processus : inscriptions, réinscriptions, enseignements, évaluations, délibérations et délivrance des titres académiques.
À Goma, sont concernés l’Université de Goma (UNIGOM), l’ISC, l’ISTM, l’ISTA et l’ISP.
À Bukavu, l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’ISC, l’ISTM, l’ISP, l’ISDR et l’ISAM.
Le ministère précise que les étudiants finalistes de l’année 2025-2026, dont le parcours n’a pas encore été clôturé, sont autorisés à poursuivre leurs activités de fin de cycle.
L’AFC/M23 dénonce une « arme de guerre
Dans la foulée, l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), qui contrôle de facto les villes de Goma et Bukavu, a réagi par la voix de son coordonnateur adjoint, Bertrand Bisimwa.
Dans une déclaration publiée sur X, ce dernier accuse Kinshasa d' »instrumentaliser le secteur de l’éducation à des fins politiques » et de vouloir en faire « une arme de guerre ».
Selon l’AFC/M23, le secteur éducatif doit rester en dehors du champ politique. Le mouvement affirme avoir anticipé cette décision et annonce la mise en place prochaine d’un « mécanisme de substitution ».
Ce mécanisme, qui devrait faire l’objet d’une circulaire et être « immédiatement activé », vise selon Bisimwa à permettre aux étudiants de poursuivre leur cursus et au personnel académique de continuer ses activités.
Cette double annonce plonge plusieurs dizaines de milliers d’étudiants dans l’incertitude, entre suspension officielle à Kinshasa et promesse d’un système parallèle dont la légalité et la reconnaissance des diplômes restent à ce stade inconnues.
Laurent katete































