À Mwenga, bouger d’un village à l’autre ne dépend plus de la distance. Ça dépend de ce que tu as en poche le jour du départ.
Il n’y a plus de tarif officiel. En saison sèche, les usagers racontent que le même trajet peut coûter 100.000 FC un jour, et 300.000 FC le lendemain. La raison : les barrières.
« Les motards expliquent qu’eux aussi doivent payer aux différentes barrières », témoigne un voyageur. Et ce coût, ils le répercutent directement sur le passager.
Pour les populations, se déplacer ce n’est pas un luxe. C’est aller vendre au marché, c’est amener un malade au centre de santé, c’est rejoindre la famille, c’est aller à l’école.
Aujourd’hui, chaque déplacement devient un calcul. Combien de barrières ? Combien vais-je devoir payer ? Est-ce que j’aurai assez pour le retour ?
Plusieurs voyageurs dénoncent une situation qui « renchérit le coût de la vie et complique les déplacements des populations déjà confrontées aux difficultés économiques ». Quand le transport triple, les produits de base suivent. Quand on a peur des tracasseries, on préfère rester chez soi. L’isolement s’installe.
Face à ce constat, les personnes interrogées adressent une demande claire au Gouvernement de la République démocratique du Congo et aux autorités de fait de l’AFC-M23.
Elles ne demandent pas la gratuité. Elles demandent le respect d’un principe de base : la libre circulation.
Notons que celles-ci plaident pour la réduction du nombre de barrières sur les deux axes stratégiques, La lutte contre les tracasseries dénoncées à chaque poste, La sécurisation des voyageurs pour voyager sans crainte, ainsin que l’instauration de mécanismes clairs pour que les populations ne soient plus soumises à des paiements répétés.
Rédaction































