La protection du droit d’auteur n’est pas seulement une question culturelle. C’est aussi un enjeu de bonne gouvernance. Transparence, redevabilité de l’État, respect de l’État de droit et participation des acteurs concernés : ces principes doivent s’appliquer pour garantir aux créateurs une juste rémunération face à la montée du piratage numérique.
C’est l’avis défendu par le Chef des travaux Gervais Chirhalwirwa, président de l’Union des écrivains du Congo, section du Sud-Kivu, en marge de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur du 23 avril.
1. État de droit : appliquer les textes existants
Il déplore que les écrivains, musiciens et autres artistes ne tirent pas profit de leurs œuvres, souvent exploitées sans autorisation. Piratage, reproduction illégale, faible protection juridique : ces dérives persistent alors que la RDC dispose déjà d’un cadre légal. La bonne gouvernance exige que les lois votées soient effectivement appliquées, avec des sanctions dissuasives et des mécanismes de recours accessibles aux créateurs.
2. Redevabilité et transparence
Selon Gervais Chirhalwirwa, la circulation rapide des œuvres sur les plateformes numériques fragilise le secteur culturel et décourage la création. Un État redevable doit publier des rapports clairs sur la lutte contre le piratage, tracer les redevances collectées et reversées, et rendre des comptes aux artistes sur l’usage des fonds publics alloués à la culture.
3. Participation et coordination des acteurs
Face à ces défis, il appelle à une prise de conscience collective. La bonne gouvernance culturelle passe par une meilleure organisation des acteurs : État, éditeurs, plateformes numériques, sociétés de gestion collective et société civile doivent se concerter. Des cadres de dialogue permanents permettraient de définir des règles équitables et adaptées au numérique.
4. Efficacité des institutions publiques
Chirhalwirwa recommande une implication plus forte des autorités. Cela signifie doter les institutions chargées du droit d’auteur de moyens humains, techniques et financiers. Numérisation des dépôts d’œuvres, contrôle des plateformes, campagnes d’éducation citoyenne : l’efficacité administrative devient un rempart contre l’impunité.
Pour rappel, l’UNESCO a désigné Rabat, au Maroc, comme Capitale mondiale du livre 2026. Un signal que la gouvernance du secteur culturel est un défi partagé à l’échelle internationale.
Par Laurent katete

































